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La campagne pour l’abolition du foie gras

On trouvera ci-après une courte présentation de la campagne pour l’abolition du gavage. Elle ne détaille ni les actions menées, ni la stratégie mise en œuvre. Peut-être ses organisateurs en feront-ils le récit un jour…

E.R.

L'idée de ce qui allait devenir l' « Initiative citoyenne pour l'abolition du gavage » est née en août 2003 des discussions informelles entre quelques participants aux Estivales de la question animale de cette année-là. Elle s'est concrétisée par la rédaction d'un manifeste, la création d'un site (www.stopgavage.com) et la mise en place d'une campagne visant à faire interdire la production de foie gras. Le projet a bénéficié dès décembre 2003 d'une assez large couverture médiatique. Ses organisateurs ont travaillé depuis sans relâche à progresser vers le but qu'ils se sont fixé.

La cible

L'élevage pour le foie gras compte parmi les formes les plus brutales d'exploitation animale. Chaque année en France, plus de trente millions de canards et d'oies en sont les victimes [1] (soit davantage que le nombre de porcs ou de bovins abattus chaque année [2]). Les intérêts économiques en cause ne sont pas négligeables, puisqu'environ 30 000 emplois seraient liés à la filière des « palmipèdes gras ».

Il s'agit donc d'un objectif difficile et ambitieux. La portée d'une victoire en ce domaine serait immense, à la fois par la masse de souffrance qui serait directement évitée et par la voie qui serait ainsi ouverte pour d'autres progrès. En effet, ce serait obtenir une abolition sectorielle dans le domaine de l'usage alimentaire des animaux. On disposerait alors d'un point d'appui pour revendiquer l'interdiction pure et simple d'autres formes d'élevage où les conditions de vie sont atroces. On aurait par ailleurs créé un précédent de taille en montrant que ni la sacro-sainte gastronomie française, ni l'éternel argument de la tradition ne sont des forteresses inexpugnables.

Mais pour cet ensemble de raisons n'est-ce pas justement se fixer un but inaccessible ? Assurément, l'issue est incertaine, mais la bataille n'est pas perdue d'avance. La production de foie gras est déjà illégale dans plusieurs pays [3], et pour certains d'entre eux, anciennement producteurs, l'interdiction est récente (Pologne 1999, Italie 2004, Californie [4] 2012, Israël 2005). De surcroît, le gavage est d'ors et déjà mis en cause par des textes juridiques concernant la France.

Illégalité du gavage

La Convention européenne pour la protection des animaux dans les élevages de 1976 (ratifiée par la France le 10 septembre 1978) stipule dans son article 6 que :

Aucun animal ne doit être alimenté de telle sorte qu'il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles et son alimentation ne doit pas contenir de substances qui puissent lui causer des souffrances ou des dommages inutiles.

Ce texte, qui émane du Conseil de l'Europe, engage doublement la France, en tant que pays signataire et parce l'Union Européenne en est elle-même signataire [5].

La convention de 1976 a par ailleurs instauré un comité permanent, où chacune des parties contractantes dispose d'un représentant. Ce comité est chargé d'élaborer des recommandations contenant des dispositions détaillées permettant l'application des principes énoncés dans la convention. L'une d'elles - la recommandation relative aux canards domestiques du 22 juin 1999 - stipule que :

Les méthodes d'alimentation et les additifs alimentaires qui sont source de lésions, d'angoisse ou de maladie pour les canards, ou qui peuvent aboutir au développement de conditions physiques ou physiologiques portant atteinte à leur santé et au bien-être ne doivent pas être autorisés.

L'article 24 de cette même recommandation accorde un statut dérogatoire provisoire à la production de foie gras : le gavage n'est autorisé que là où il existe déjà, et les pays autorisant la production de foie gras sont invités à encourager les études portant sur le bien-être des canards et la recherche de méthodes alternatives n'impliquant pas la prise forcée d'aliments. Or, il s'avère que fin 2004, date théoriquement fixée pour le réexamen de la recommandation, aucune alternative n'aura été mise au point.

La portée de la convention [6] de 1976 a été renforcée par le fait que les dispositions en ont été reprises dans une directive européenne du 20 juillet 1998. Or, pour les pays de l'Union Européenne, une directive est un texte juridique contraignant, qu'ils ont l'obligation de transcrire dans leur droit national. La France l'a fait... à l'exception du passage de la directive qui reprend presque mot pour mot celui précédemment cité de la convention, et qui de façon évidente est incompatible avec la pratique du gavage :

Aucun animal n'est alimenté ou abreuvé de telle sorte qu'il en résulte des souffrances ou des dommages inutiles et sa nourriture ou sa ration de liquide ne doit contenir aucune substance susceptible de lui causer des souffrances ou des dommages inutiles.

L'État français est en infraction en n'ayant pas intégralement transposé ce texte ; il l'est aussi par rapport à son engagement sur la convention de 1976 et les recommandations qui en découlent. Les politiques le savent, les producteurs aussi.

L'aveu de la profession !

En juin 2003, l'OFIVAL1 a publié une étude réalisée par l'ITAVI2 et le CIFOG3 intitulée « Contexte, structure et perspectives d'évolution du secteur français du foie gras ». L'ensemble du rapport est fort instructif... On y lit notamment ceci en page 16 :

D'autres points apparaissant dans la recommandation [de 1999] pourraient remettre en cause, purement et simplement, l'acte de gavage. En effet, il y est stipulé que le mode d'alimentation des animaux doit être sans changement soudain, et ne doit pas porter atteinte au bien-être des animaux. Ce qui apparaît peu compatible avec le gavage.

En quelques lignes, les responsables de la filière foie gras ont tout dit :

- le gavage est peu compatible avec l'état du droit ;

- le gavage porte atteinte au bien-être des animaux.


1. OFIVAL : Office interprofessionnel des viandes de l'élevage et de l'aviculture.

2. ITAVI : Institut technique de l'aviculture (association de droit privé au service des éleveurs, conventionnée par le ministère de l'Agriculture, réalisant des travaux de recherche appliquée concernant divers secteurs de l'élevage).

3. CIFOG : Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras.

Faire du gavage
un sujet de débat politique en France

Les textes juridiques sont des leviers à condition d'établir un rapport de force tel qu'il ne soit pas permis de les ignorer. Or, jusqu'ici, l'essentiel de l'effort en France a consisté à faire le maximum pour qu'ils restent lettre morte. Le gouvernement, le ministère de l'Agriculture, les organismes de recherche publics et privés sont mobilisés pour défendre au mieux les intérêts des producteurs. Les associations professionnelles, conscientes de la menace, cherchent des appuis au niveau de l'ensemble de ces institutions et s'apprêtent à investir plus massivement encore que par le passé dans la « communication » pour donner une image idyllique de leur activité et vanter les qualités du produit. Dans ce domaine, comme pour d'autres formes d'élevage, l'adoption de dispositions européennes visant à améliorer quelque peu les conditions de vie des animaux a donné le signal du déclenchement de recherches à l'INRA [7] qui « démontrent » opportunément que les conditions d'élevage en vigueur ne nuisent pas au bien être animal. En l'occurrence, les expériences menées par l'Institut ont débouché sur des publications soutenant que les canards ne sont pas stressés par le gavage, ne sont pas malades, et se sentent beaucoup mieux immobilisés en cages individuelles que dans des logements collectifs où ils pourraient se mouvoir.

« Pour que le mal triomphe, il suffit de laisser faire [8] ». Les auteurs de la campagne pour l'abolition du foie gras ont décidé de ne pas laisser faire. La réprobation du gavage n'est pas chose rare. Elle est souvent exprimée à titre individuel par des personnes ayant un minimum de sensibilité à la condition animale. Plusieurs associations ont déjà travaillé sur le sujet. Mais jusqu'ici, cela n'a pas suffi à fédérer les énergies et à faire émerger publiquement avec suffisamment de force le fait que la production de foie gras est controversée. L'Initiative citoyenne pour l'abolition du gavage est une tentative sérieuse de « passer à la vitesse supérieure ».

Les textes européens sont un point d'appui appréciable dans un contexte où les pouvoirs publics nationaux agissent avec une partialité évidente en faveur des éleveurs. Mais il ne s'agit en aucun cas de tout miser sur le lobbying auprès des institutions communautaires. Ce serait renforcer dans l'hexagone le sempiternel mécanisme de défense des bénéficiaires de l'exploitation animale dénonçant les eurocrates qui menacent « nos » valeurs du terroir.

Néanmoins, la recommandation de 1999 et l'imminence de son réexamen offrent une opportunité de porter le débat sur la place publique ; notamment parce qu'elles créent un événement qui favorise l'ouverture des media au traitement de sujets sur le foie gras. Dans ces circonstances, il était capital qu'une contestation se fasse entendre de l'intérieur du pays [9] pour que cesse le ronronnement autour de la défense et glorification du « produit festif issu du savoir-faire de nos régions ». Quelques mois à peine après le lancement de l'Initiative citoyenne, c'était déjà en bonne voie puisque nombre d'articles ou émissions mentionnaient l'existence d'une contestation organisée du gavage [10].

Ce n'est que le début d'une longue route. Pour que les textes européens deviennent une véritable force, il faut qu'une partie de l'opinion française et internationale exprime ouvertement son refus de la pratique qu'ils mettent en cause. Le manifeste pour l'abolition du foie gras est un support permettant l'expression de ce refus.

Image

Photo: stopgavage.com.

Les cages

La recommandation de 1999 stipule que les conditions d'hébergement des canards doivent permettre aux oiseaux de « se tenir debout dans une posture normale ; se retourner sans difficulté ; déféquer en effectuant des mouvements normaux ; battre des ailes ; effectuer des mouvements normaux de lissage des plumes ; interagir normalement avec d'autres individus ; effectuer les mouvements normaux liés à la prise d'aliments et d'eau ». Le texte indique que les nouvelles exploitations devront satisfaire à ces normes à compter de 2005, et que l'ensemble des exploitations devront s'y conformer à compter de 2010.

Or, aucune de ces conditions n'est remplie dans le mode d'incarcération dominant aujourd'hui : 87% des oiseaux sont logés dans d'étroites cages individuelles (voir photo). Les producteurs n'ont pris aucune disposition pour s'adapter à des obligations pourtant énoncées depuis 1999.

Il était urgent qu'avant le réexamen de la recommandation, fin 2004, quelques semblants d'arguments aient été forgés pour soutenir que, contrairement aux apparences, un hébergement satisfaisant les besoins énumérés par la recommandation n'améliorerait en rien le bien-être des oiseaux, tout en compromettant gravement la rentabilité de la filière. Les producteurs en ont rêvé... l'INRA l'a fait1 !

Le CIFOG a signifié lors de son assemblée générale 2004 qu'il refuserait de suivre les échéances des recommandations concernant les palmipèdes, alors qu'il s'agit de textes juridiques contraignants.

Il semble que le gouvernement soit sur le point de trahir les engagements de la France pour servir les intérêts des éleveurs : un arrêté ministériel est prêt2 ; il repousserait à 2010 la disparition des cages individuelles (y compris pour les nouvelles exploitations).

La routine ? Pas tout à fait. Car au lieu que ces événements passent inaperçus en dehors des institutions et ministères concernés, certains organes de presse s'en sont fait l'écho en France (Le Figaro, Charlie-Hebdo, Que choisir ?...) et à l'étranger (The Guardian). Il ne sera bientôt plus possible d'assimiler l'opinion publique à celle des éleveurs.


1. En collaboration avec l'ITAVI. Cf. notamment Luc Mirabito, Évelyne Sazy, Daniel Guéméné, « Palmipèdes gras : aux dernières nouvelles, ils se sentent pousser des ailes », Sciences et techniques avicoles, hors série septembre 2003, p. 36 à 42.

2. Cet arrêté n'a pas encore été publié à la date d'achèvement de cet article (3 octobre 2004).

Un croisement de Spira et de la Veggie Pride

La campagne contre le gavage évoque à certains égards la méthode de Spira. Elle a fait sien le précepte « éviter la bureaucratie ». Le centre est constitué par une poignée de personnes soudées qui pilotent l'ensemble, sans structure formelle, d'où une forte réactivité et une capacité à prendre les décisions de façon souple et efficace. Autour, se trouve une coalition d'associations qui ont choisi de se porter soutien, et un réseau de relations avec des organisations ou collectifs qui mènent le même combat à l'étranger. Les personnes qui ont apporté leur aide à titre individuel sont, au même titre que les organisations, tenues informées des principaux développements de la campagne.

L'Initiative citoyenne contre le gavage marche également sur les traces de Spira pour ce qui est de l'établissement de sources d'information crédibles. Un travail de documentation permanent est réalisé pour se tenir au courant des textes réglementaires, des recherches effectuées sur l'élevage pour le foie gras, des publications dans la presse généraliste ou dans les magazines professionnels.

La cible a été choisie avec réflexion, en pesant à la manière de Spira la quantité de souffrance qui serait évitée si elle est atteinte et l'existence d'une réelle opportunité de changement.

L'équipe de « stopgavage » a reproduit le meilleur de la technique d'Henry Spira. Elle a su y adjoindre l'intelligence politique de la Veggie Pride, transposée au contexte d'une campagne sectorielle [11]. Ceux qui la soutiennent - individus ou organisations - s'engagent contre le gavage et contre rien d'autre. Tout en respectant pleinement le « contrat » conclu avec eux, ses initiateurs l'ont conçue de façon à ce qu'au-delà du but immédiat, elle participe au mieux à la poursuite de l'objectif à long terme d'intégration des individus non humains dans le cercle de la considération morale. Le manifeste pour l'abolition du gavage dénonce cette forme d'élevage au nom d'un seul motif - la souffrance des oies et canards - affichant ainsi que ce motif suffit à rendre cette pratique condamnable. Sous une forme liée à son propos, il incite à questionner le spécisme :

Comment le simple plaisir que nous avons à manger son foie peut-il justifier de faire subir une vie si misérable à un être sensible qui, comme nous, ressent la douleur et la détresse ? Qu'il soit d'une autre espèce que nous justifie-t-il de rester sourd à sa souffrance, et muet face à l'immoralité de cet esclavage ?

Rien dans la communication de « stopgavage » ne suggère que l'on doive se contenter de mettre fin à une pratique qui serait exceptionnellement cruelle.

Enfin, le texte du manifeste n'est pas conçu pour dénoncer un coupable particulier qui agirait à l'insu d'un public innocent. Au contraire, il appelle tous les acteurs responsables de la violence faite aux oies et canards à changer leur comportement.

Sauvez Donald !

En septembre 2003, alors que le projet en était à ses débuts, Joris Barrat avait suggéré de nommer la campagne ou la coalition qui la soutient « Sauvez Donald ! ». L'idée ne fut finalement pas retenue. Il n'en reste pas moins que l'équipe « stopgavage » travaille à donner envie de sauver « Donald ». Elle le fait en le rendant présent à l'esprit des humains, en décrivant par les mots la réalité de ce qu'il vit, et en collectant les images où on le voit en personne, être sensible désarmé soumis à une brutalité sans nom. Elle le fait en démontant les rapports « scientifiques » et les « informations » diffusées par la filière, habiles constructions pour enterrer les faits sous un flot de mensonges et de manœuvres de diversion. Les professionnels et les scientifiques à leur service se seraient tapé fort sur les cuisses si la campagne s'était nommée « Sauvez Donald ! ». Ils n'en auraient éructé que plus vite l'expression qui leur sert de bouclier en toutes circonstances : « dérive anthropomorphique ! », tare qui se serait trouvée aggravée en l'occurrence par l'accusation de puérilité [12].

Les professionnels et certains chercheurs tentent de faire croire qu'ils sont plus qualifiés que quiconque pour traiter du sujet puisque c'est leur métier. Méthodiquement, l'équipe de « stopgavage » épluche leurs écrits, et découvre les ficelles employées pour conduire toujours au même but : la négation de la souffrance des oies et canards. Elle explore un pan de cette vaste littérature qui parle de bien-être dans le vide, et qui, sous couvert de ne pas céder à l'anthropomorphisme, s'emploie au fond à nier la conscience animale. Elle travaille pour empêcher l'oubli ou la négation de la sensibilité des « Donald » et « Gertrude », pour qu'on sache leurs corps torturés, pour que leur douleur et leur peur ne puissent plus être enfouis sous un silence indifférent. Apprendre à faire cela pour eux, c'est apprendre à le faire pour d'autres pour qui les mêmes techniques de dénégation sont à l'œuvre.

Pour toutes ces raisons, la campagne pour l'abolition du gavage est un bon exemple de la façon dont une lutte sectorielle peut poursuivre un objectif à court terme tout en faisant progresser de façon générale le mouvement pour les animaux, et en contribuant à faire reculer le spécisme.

[1] Mise en place de canetons à gaver : 38,8 millions en 2002, 36,5 millions en 2003 (pour 2003, il s'agit d'une estimation). Mise en place d'oisons à gaver : 900 000 en 2002 et 2003. Source : OFIVAL.

[2] En 2002, en France, 25 852 827 cochons et 5 705 631 bovins ont été tués dans les abattoirs.

[3] Il existe des lois (ou articles de lois) interdisant le gavage en Argentine, Allemagne, Autriche, Californie, Danemark, Italie, Israël, Luxembourg, Norvège, Pologne, République Tchèque. Dans d'autres pays, bien que les lois de protection animale n'abordent pas explicitement le gavage, il est tenu pour évident que ces lois seraient suffisantes pour condamner la production de foie gras si on tentait de l'introduire sur le territoire national (Pays-Bas, Royaume-Uni, Finlande, Suède...).

[4] En Californie, la loi interdisant la production et la vente de foie gras a été adoptée en septembre 2004, mais l'interdiction n'entrera en vigueur qu'en 2012.

[5] Le Conseil de l'Europe ne doit pas être confondu avec l'Union européenne. Cette institution rassemble 46 pays entre lesquels elle organise la coopération sur des questions telles que les droits de l'homme, l'environnement, ou les questions sociales. (L'Union Européenne ne compte quant à elle que 25 pays membres.)

[6] Une convention du Conseil de l'Europe est un texte juridique fort, puisqu'il a le statut de traité. Toutefois, le Conseil ne dispose pas de moyens étendus d'investigation et de coercition envers les pays signataires.

[7] Institut national de la recherche agronomique - organisme public.

[8] Slogan emprunté au site http://www.international-campaigns.org/.

[9] En effet, la France est de très loin le premier pays producteur et consommateur de foie gras. En 2002, sur les 20 500 tonnes de foie gras produites dans le monde, 17 000 (83%) l'ont été en France. Au second et troisième rangs se trouvent la Hongrie (9%) et la Bulgarie (5%). Les quelques autres pays concernés ne réalisent chacun que moins de 1% de la production mondiale. La consommation est encore plus concentrée puisque plus de 90% du total a lieu en France. Malgré un palier en 2002, le marché est en expansion rapide. La production est en forte croissance depuis le milieu des années 80. En 1995, elle n'était encore « que » de 10 400 tonnes en France. En 2002, selon le CIFOG, 33,4% des ménages français ont acheté du foie gras.

[10] Par ailleurs, le fait qu'il soit fait mention de « stopgavage » dans des publications destinées aux professionnels de la filière indique qu'ils sont inquiets face au sérieux de l'entreprise.

[11] L'analogie porte sur l'esprit dans lequel a été conçue l'action et non sur son objet.

[12] Pour une critique salutaire de ce genre d'accusations, lire :

- David Olivier, « Bambi a froid ! », CA n°20, août 2001, pages 45 à 49.

- Françoise Armengaud, « L'anthropomorphisme, vraie question ou faux débat ? », dans Florence Burgat (dir.), Les animaux d'élevage ont-il droit au bien-être ?, INRA Éditions, 2001, pages 165 à 186.