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Ce texte est paru en été 1990 dans la revue américaine Between the Species.

Animal Liberation, naturellement, fut le point de départ. Je lus le livre sur une plage espagnole, en été 1985, et je fus de ceux et celles qui, au moment de le refermer, se dirent : « Oui, bien sûr... ». J'étais déjà végétarienne, et accoutumée à sauver des chats et chiens de la rue ; et j'avais derrière moi une courte période d'activisme à gauche et un amour lointain pour la philosophie, conçue à la façon marxiste comme instrument autant pour changer que pour interpréter le monde. Ces fragments épars de ma vie se réorganisèrent brusquement en une image cohérente.

Les grandes idées sont simples. Tous les animaux sont égaux : quoi de plus simple que cela ? On a l'impression de l'avoir toujours su. Et pourtant, au cours de l'histoire, personne n'avait jamais dit chose pareille. Un problème, sans doute, non seulement d'intellect et de conditions préalables, mais aussi de courage. Les grandes idées sont également harmoniques. Elles apportent l'unité à la multiplicité, l'accord là où était la discorde. La reconnaissance de l'égalité entre nous-mêmes et l'autre mène à un équilibre dans lequel la raison et le sentiment, loin de s'opposer, se combinent en une synthèse supérieure. De la rencontre c'est un soi moins divisé qui émerge. Tel fut le premier sens qu'eut pour moi l'idée que la libération animale est la libération humaine.

Tout de même, ceci engendre des problèmes. Comment un soi réorganisé peut-il admettre une réalité qui est déformée, parce que divisée ? On a le sentiment qu'il devrait être facile de rétablir l'harmonie dans le monde également. C'est là une illusion que Peter Singer lui-même admet avoir bercée quand il finit d'écrire son livre, une illusion que personne, je crois, ne peut éviter quand il finit de le lire. Mais il s'agit, précisément, d'une illusion.

Alors, le travail quotidien commence. Bien que Franco Salanga et moi-même fussions nouveaux venus dans le mouvement, nous avions un avantage : nous pouvions profiter de l'expérience déjà acquise aux États-Unis. Dès le départ, nous nous mîmes à lire, à écrire des lettres, à contacter des philosophes et des militants. Nous découvrîmes et dévorâmes The Animals' Agenda, Ethics & Animals, Between the Species. Et nous avons pris conscience de deux choses. D'abord, de la grande importance du rôle de l'inépuisablement riche théorie libérationniste. Nous croyons que personne ne peut sérieusement la contrer, et que, par conséquent, nous ne devons jamais la mettre de côté, même pour nous conformer aux attitudes admises. Le processus ainsi deviendra beaucoup plus long, mais le changement sera beaucoup plus profond.

La deuxième chose que nous avons perçue est le poids du défi politique que lance notre mouvement. Notre défense des êtres sensibles placés au plus bas de la chaîne de l'exploitation donne à notre exigence de justice une valeur plus universelle que celle d'aucun groupe - ou classe - d'humains exploités de par le passé : elle fait de notre lutte pour l'égalité la lutte pour l'égalité (ici encore, pensons-nous, la libération animale est la libération humaine). Il est vrai, d'un point de vue social, que la tâche est beaucoup plus ardue, puisque les animaux ne peuvent lutter pour eux mêmes : mais toute révolution paraît avoir dépendu en premier lieu d'un petit groupe d'intellectuels et activistes engagés, plutôt que de la contribution des masses. Ce groupe est donc ce dont nous avons réellement besoin, et c'est là ce que nous sommes en train de créer.

I

En automne 1987 Franco et moi tentions de mettre en forme un projet que nous méditions depuis un moment - celui de publier une revue qui importerait en Italie les nouveautés en cours dans les pays anglo-saxons. Pendant un voyage aux États-Unis nous avions rencontré Steve Sapontzis, qui nous avait donné de nombreux conseils et nous avait généreusement accordé la permission d'emprunter librement les articles paraissant dans Between the Species. Pour une revue encore en gestation, c'était là un excellent début. Il n'y avait néanmoins encore pas de maquette, et pas non plus de titre. Un jour, en écrivant une lettre à Harlan B. Miller, Franco suggéra : « Et si nous l'appelions "Etica & Animali" ? » C'était là ce qu'il nous fallait. Le flou recula, et les choses commencèrent à se mettre en place d'elles-mêmes. Le lien idéal avec un inspirateur étranger qui avait disparu seulement deux ans auparavant donnait une indication claire de la continuité avec le passé - car Ethics & Animals, en particulier, avait accompli justement le travail de pionnier que nous-mêmes avions en vue. Le côté « essentiel » du titre nous influença aussi, nous poussa à renoncer à l'idée que nous caressions de créer un journal hybride, à la fois philosophique et militant ; nous nous concentrâmes sur la théorie.

Le premier numéro d'Etica & Animali parut en avril 1988, juste à temps pour être mis entre les mains de Peter Singer, qui visitait alors pour la première fois officiellement l'Italie. Un mois plus tard Tom Regan, à qui nous avions déjà rendu visite aux États-Unis, arriva lui aussi. La chance nous souriait. Une revue atypique, publiée avec des moyens faibles et en peu d'exemplaires, allait recevoir une attention inespérée de la part du public et des médias grâce aux conférences et meetings que nous organisâmes pour Peter Singer et pour Tom Regan. Entre-temps, l'édition italienne de Animal Liberation avait été publiée, bien que par une ligue anti-vivisectionniste (heureusement, la nouvelle édition paraîtra d'ici peu dans une grande maison d'édition [1]), et des contacts avaient été pris pour une édition italienne de The Case for Animal Rights et de Morals, Reason, and Animals de Sapontzis (le premier des deux est paru cette année [2]). Nous espérions progresser rapidement. Un peu plus tard, néanmoins, le courant reflua, nous laissant avec le travail patient de taupe.

Nous avons sorti deux autres numéros de E&A (le quatrième est en préparation, en retard, comme toujours). Notre ligne est relativement stricte. Nous cherchons à présenter les points de vue éthiques libérationnistes majeurs, et nous publions des discussions sur des questions spécialement importantes. Récemment, nous avons effectué une ouverture aussi en direction de l'approche féministe. Néanmoins, nous n'avons encore pas inclus de discussions avec nos adversaires - nous pensons qu'ils ont déjà assez de moyens et de place pour s'exprimer. Étant donné le retard de l'Italie dans ce débat, les textes que nous publions sont pour la plus grande partie traduits de l'anglais. Le matériel est par conséquent abondant. Le seul problème est celui de la nouvelle que nous présentons dans chaque numéro - nous voulons éviter l'écueil du « réalisme socialiste ».

En bref, E&A est prévu pour être deux choses : un défi et un instrument. Le défi s'adresse à la culture prédominante, et l'outil doit servir à créer le noyau du mouvement. Il est trop tôt pour dire si ces objectifs sont atteints. Dans l'ensemble, la culture italienne continue à considérer la question animale non comme un problème moral et social fondamental, mais comme une préoccupation optionnelle, ou au mieux mineure - ceux qui s'y investissent étant et restant des « experts ». Alors que les milieux de gauche, qui traditionnellement sont le plus engagés, sont imbus d'un chauvinisme humain d'origine marxiste, ceux qui se considèrent comme progressistes libéraux nous lancent des accusations vagues de fanatisme, à l'encontre de vues qu'ils ne comprennent pas, et encore moins voient comme le développement logique des leurs. Il est vrai néanmoins que l'argument est maintenant pris plus au sérieux, et qu'en Italie, aussi, des thèses portant sur les droits des animaux ont commencé à faire leur apparition ; quelques (rares) philosophes, sans accepter entièrement nos vues, ont commencé à les discuter et à les disséminer - mais la percée est lointaine, et exigera encore bien du travail.

Le résultat au niveau de la formation de « cadres » du mouvement est peut-être plus favorable. Le nombre d'activistes qui lisent la revue parce qu'ils ressentent le besoin de lier théorie et praxis est aujourd'hui bien plus grand qu'auparavant. Une autre indication de ceci est l'intérêt éveillé par une série de séminaires que nous tenons actuellement sur l'éthique libérationniste. Mais peut-être le signe le plus révélateur d'un changement est-il l'incident remarquable qui eut lieu pendant la première conférence que nous organisâmes à Milan, intitulée « Le point de vue éthique : différences et inégalités ». Dans le cours de la discussion, un philosophe utilitariste italien exposait sa défense d'une forme modifiée d'exploitation des animaux, fondée sur leur abattage sans souffrance, lorsque dans le public, une militante se leva et demanda candidement : « Mais traiteriez-vous de la même façon un enfant débile profond, dans le but de le manger ? » L'arme formidable que représente l'argument des cas marginaux, introduite subrepticement par une non-universitaire, atteint son but, et le jeune philosophe, après une brève tentative d'escamoter le problème qui aboutit à l'exclusion de tout effet secondaire, répondit, pour relever le défi tout en évitant l'accusation de spécisme, par l'affirmative - provoquant une tempête dans la salle.

II

En ce qui concerne la communauté des êtres sensibles, la situation dans les démocraties occidentales rappelle celle dans la société spartiate classique. Une oligarchie restreinte, composée d'humains et relativement égalitaire en son sein, gouverne de fait tyranniquement la masse des exclus - les membres des autres espèces. À l'intérieur, garanties et droits ; au dehors, l'arbitraire le plus effréné. Notre mouvement, qui traverse la frontière, doit faire face à des problèmes peu communs. En effet, c'est ce même contrat social qui nous profite en tant qu'humains et en tant que militants qui ratifie l'exploitation sans limites des non humains. Le recours à la violence, qui dans mon opinion serait au moins dans certains cas justifié d'un point de vue éthique par n'importe quelle théorie non spéciste, est très problématique d'un point de vue stratégique. Même à supposer que nous soyons prêts à en prendre le risque, les réactions possibles pourraient induire l'opinion publique à nous mettre faussement sur le même plan que nos adversaires - voire, à soutenir ces derniers, dont l'action consiste après tout à se protéger, alors que nous, ce que nous défendons, c'est personne, puisque les animaux n'existent pas en tant qu' « autrui ». De plus, le contrat social lui-même pourrait être utilisé contre nous au point de nous paralyser, comme le suggère l'expérience de l'Angleterre, où des lois d'urgence ont déjà été promulguées contre l'ALF et les Ligues, bien qu'ils aient évité la violence et se soient limités aux actes contre la propriété - qui peuvent parfois porter leurs fruits. Alors, que faire ?

Nous croyons que le problème fondamental est d'apparaître comme un vrai mouvement politique, faisant pression sans relâche sur les limites de la préoccupation morale ; de rendre clair non seulement que nous ne sommes pas plus ou moins un groupe de pression de défense animale ou d'intérêts particuliers, mais aussi, qu'en tant que mouvement de libération, nous sommes la réalisation des principes sur lesquels se fonde cette même société que l'on défend contre nous. Cette façon de voir, qui est celle qu'indique à notre avis l'expérience américaine, devra rendre le terrain de nos adversaires plus glissant et faciliter l'émergence d'intellectuels engagés et d'alliances avec d'autres mouvements, en particulier avec le mouvement féministe. C'est à partir d'une telle idéologie « forte » que peut naître une stratégie du non, permettant d'éviter de compromettre les principes, tout en prenant la réalité en compte. Une projection large pourrait en fait inclure à la fois le non à des secteurs entiers de l'exploitation animale - aux maillons faibles de la chaîne - et le non à des aspects particuliers dans des domaines plus difficiles à attaquer. C'est encore aux États-Unis que l'on trouve des exemples de ceci. Bien qu'à notre avis le mouvement à l'heure actuelle se préoccupe trop peu de ce qui constitue l'épine dorsale de l'exploitation animale, à savoir l'élevage pour la nourriture, nous pensons que certains de ses choix, ainsi que les tactiques qui y sont liées, ont été fondamentaux. Nous pensons en particulier à la « Campagne pour une Amérique sans fourrure » mise au point par Trans-Species Unlimited [3] et menée au moyen d'une mobilisation constante et agressive de la base, et aux Compassion Campaigns de PETA ( « People for the Ethical Treatment of Animals »), visant à l'abolition immédiate des tests cosmétiques sur animaux, et dont les moyens vont de la désobéissance civile à la présence aux assemblées d'actionnaires. Ces dernières campagnes nous intéressent particulièrement, puisque nous y avons directement été impliqués.

En Italie, un vrai mouvement reste encore à créer. Il y a des ligues anti-vivisectionnistes, des associations contre la chasse, des groupes traitant des zoos et des cirques, mais l'idée d'un défi global à l'exploitation animale a du mal à gagner du terrain. Il y a, de plus, le problème des Verts, qui, parce qu'ils sont un parti, prétendent à l'hégémonie sur la question - ce qui implique un affaiblissement des revendications, à cause de l'électoralisme, et la confusion, étant donné la divergence des objectifs. C'est dans le contexte de ces obstacles que notre première tentative de formation d'un groupe eut lieu, et échoua, en 1987, à une époque où même le végétarisme n'était pas universellement accepté chez les animalisti. Nous n'avions pas d'autre choix que d'attendre, et nous nous concentrâmes sur le journal et sur la diffusion des idées. Environ un an plus tard, néanmoins, eut lieu un événement imprévu : Susan Rich, directrice des Compassion Campaigns de PETA, nous appela et nous demanda de soutenir la campagne contre Benetton en Italie.

C'était une chose très nouvelle pour nous. L'attaque avait été préparée avec un soin méticuleux, grâce à une taupe travaillant dans le laboratoire auquel la société avait commandé les tests de ses produits cosmétiques. Le choix de la cible était spécialement heureux, et l'objectif était fort - l'élimination totale de l'expérimentation animale. Mais, par dessus tout, un élément politique d'importance capitale apparut pour la première fois, presque naturellement : l'internationalisation de la rencontre.

Même si en réalité à l'époque nous n'étions que trois (Franco et moi, et un proche collaborateur de la revue, Antonio Pillon), il nous fallait nous décider. Nous acceptâmes. Alors, avec en tête les premières expériences de la lutte dans le domaine des cosmétiques, nous créâmes une « Coalition contre l'emploi des tests cosmétiques sur les animaux ». Nous contactâmes des dizaines de groupes et associations et très bientôt nous pûmes prendre part à la mobilisation internationale et travailler aux côtés d'organisations des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et du Canada. La curiosité de la presse fut éveillée, et nous eûmes une bonne couverture médiatique. On pourrait dire aussi que nous contribuâmes au résultat final, puisque ce qui troubla les eaux tranquilles de la société peu de temps avant l'issue finale fut l'annonce d'une manifestation à Trévise, c'est-à-dire, comme nous l'avions dit dans nos appels à l'étranger, dans l'arrière-cour de M. Luciano. La victoire fut une expérience enivrante, qui nous éblouit presque - nous sommes tant en mal de victoires ! Néanmoins, les problèmes n'étaient pas loin. Beaucoup parmi les associations qui avaient rejoint la coalition ne l'avait fait que formellement - mais ceci, après tout, est dans l'ordre des choses. Plus grave est le fait que certaines d'entre elles, qui paraissaient coopératives, finirent par se révéler hostiles et dans certains cas prêtes à boycotter. Nous réalisâmes que, même si nous nous heurtions aussi à de méchantes questions de pouvoir combinées à une aversion générale pour toute nouveauté, le problème fondamental était d'ordre idéologique : les anti-vivisectionnistes locaux, liés aux positions (et aussi, il faut malheureusement le dire, aux « méthodes ») de Hans Ruesch, critiquèrent comme peu importantes les attaques sectorielles contre la section cosmétique de l'industrie animalière et comme non-abolitionniste l'approche basée sur des arguments éthiques plutôt que « scientifiques ». Cela nous paraît loin aujourd'hui ; nous avons discuté et disputé ; il y a eu entre-temps les campagnes contre Avon et Revlon ; nous avons rompu des relations, et en avons établi d'autres. Pourtant, l'expérience a laissé sa trace, et nous avons accru nos efforts : aujourd'hui nous avons un noyau à partir duquel, dès que les choses seront mûres, notre organisation libérationniste s'élèvera.

Ainsi, la campagne contre Benetton fut un tournant dans notre expérience. Mais aussi, à notre avis, en raison de l'idée naissante d'un mouvement international, elle a constitué un tournant à un niveau plus général. Grâce à la prévoyance de Susan Rich, cette idée non seulement demeura mais crût au cours des campagnes, pour aujourd'hui atteindre un sommet dans celle qui se prépare contre L'Oréal. Il n'est pas facile de décrire le sentiment de solidarité et de force que nous avons ressenti quand, en janvier 1990, nous avons tenu à Paris (dans l'arrière-cour de L'Oréal) la première conférence de presse internationale conjointe. Nous pensons que ce fut un moment historique : car ce choix n'est pas seulement imposé par la réalité de la lutte - par le fait que nos ennemis sont internationaux - il pointe aussi vers de grands développements à venir. Le partage des expériences, pour décider en commun des stratégies, pour identifier des cibles communes : qui peut dire jusqu'où pourra mener la coopération internationale ? Le premier pas a été fait : il s'agit seulement maintenant de poursuivre.

III

Mettre au point une stratégie politique est une chose. Vivre la vie de tous les jours en est une autre. La vie quotidienne implique de tenir compte de ses propres incohérences et faiblesses. Elle implique de marcher dans les rues et de voir les boucheries, pharmacies, magasins de fourrure, parfumeries, ou dans les restaurants de manger non loin de gens en train de consommer de la chair animale. Ou d'aimer et de chérir des personnes qui contribuent à perpétuer l'exploitation. Ou de jouir de la beauté de sites et du charme de villes qui cachent l'exploitation derrière des façades sereines. Parfois je me dis que nous ne pensons pas vraiment ce que nous disons. Si nous le pensions, nous serions submergés : nous ne pourrions pas continuer à vivre comme nous le faisons.

Puis je me dis que c'est trop tôt - que nous avons été élevés à l'intérieur du paradigme spéciste, et qu'il est normal que nous ne nous en soyons pas encore totalement libérés. Ou alors je pense au long chemin tortueux suivi par l'idée de l'égalité humaine, et je me dis que celle de l'égalité animale est si récente que c'est même incroyable combien vite et loin elle s'est répandue. Il y a, néanmoins, une autre réponse qui, je le crois, va plus au fond du problème : si nous pensions vraiment toujours ce que nous disons, alors non seulement nous ne pourrions plus vivre ainsi, mais aussi, nous ne pourrions plus lutter. L'étendue et l'omniprésence de l'exploitation animale sont telles que ce n'est qu'en fermant nos yeux un peu que nous pouvons garder l'espoir d'affecter la réalité, et le courage de le faire. Le fait de s'abstraire peut être autre chose qu'une forme de « superficialité » : c'est aussi, et peut-être surtout, une forme d'auto-défense. Alors, je me résigne - et je l'accepte. C'est là un des prix que nous devons payer pour avoir un mouvement de libération animale.

[1] Ed. Mondadori, 1991 [NdT].

[2] Ed. Garzanti, 1990 [NdT].

[3] Aujourd'hui : Animal Rights Mobilisation [NdT].