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Cahiers antispécistes n°09 - janvier 1994

AIDA et l’apolitisme (droit de réponse)


par

Suite à la publication dans le numéro 8 de la revue Cahiers antispécistes lyonnais de l'article « Problèmes entre l'A.I.D.A. (ex-A.E.D.A.) et les C.A.L. », le Conseil d'Administration d'Action Information pour les Droits des Animaux (A.I.D.A.) souhaite faire la mise au point suivante :

1. De quel désaccord politique parle David Olivier suite à l'article « A.I.D.A. et la politique humano-humaine » ? Fait-il allusion à son dernier éditorial où il parle d'un « mouvement plus politique, plus idéologique » et éprouve-t-il des difficultés à placer A.I.D.A. sur un terrain politique qui ne concerne que les humains ? David Olivier : les animaux se fichent de notre reconnaissance sociale ; la seule chose qui leur importe, c'est de vivre en paix. La lutte pour les droits des animaux est hautement politique mais ne peut s'inscrire dans le carcan politique actuel que vous entretenez et qui n'intéresse que les humains.

David Olivier, nous ne sommes pas responsables de votre incapacité à envisager l'action sur un plan politique faisant fi de toute préférence entre les exploiteurs d'animaux humains. Préférez-vous un vivisecteur « de gauche » antiraciste ou un végétarien « de droite » ? A.I.D.A. préfère, pour son action, le végétarien, de « gauche » ou de « droite ». Sous quel prétexte ségrégationniste et bénéfique pour les humains refuser l'action en faveur des droits des animaux d'une personne du fait de ses opinions politiques ?

2. Pourquoi avoir mentionné et mis en cause Éric et Christophe Moreau, membres du Conseil d'Administration d'A.I.D.A.? Le texte en question ne fait qu'exprimer la position officielle d'A.I.D.A. suite à de nombreux courriers demandant si, « comme tant d'autres associations », A.I.D.A. n'est pas affiliée au Front National. Pourquoi, donc, attaquer deux personnes ?

3. David Olivier, vous écrivez que « ce texte, sous des dehors de neutralité, est dès sa première phrase une attaque contre les “gauchistes” ». Votre mauvaise compréhension du français est flagrante. Vous persistez à vouloir nous définir comme des gens obscurs alors que le texte diffusé par A.I.D.A. précise l'absence de considération que porte A.I.D.A. à l'appartenance politique des militants pour les droits des animaux. Nous travaillons avec des gauchistes, des gens conformistes ou de « droite ». La personne qui nous ennuierait avec ses idées nazifiantes comprendrait vite qu'A.I.D.A. travaille uniquement pour les animaux et non pas pour des idées visant à nuire aux humains.

4. Nous sommes apolitiques parce que nous avons une PRIORITÉ : transformer l'humanité omnivore en humanité végétarienne. Tous les autres combats (luttes contre les inégalités entre humains...) pourront ensuite être menés. En effet, les souffrances infligées aux animaux sont incomparablement plus nombreuses et intenses que celles des humains. Ceux qui ne tiennent pas compte de cette priorité ou qui font des comparaisons déplacées sont des spécistes.

David Olivier, n'avez-vous pas écrit dans votre brochure Nous ne mangeons pas de viande... que le combat antiraciste et antisexiste ne vous concernait plus ? Relisez donc l'article « La moindre des choses » en page 51. Tout le monde comprendra alors vos contradictions...

5. En ce qui concerne les ragots sur les problèmes d'A.I.D.A., précisons que nous n'avons pas « changé d'adresse pour la troisième fois ». Les différentes adresses sont valables et sont celles du Président, du siège social et de notre boîte postale.

En conclusion, nous regrettons cette situation d'incompréhension totale. Il y a de quoi faire rire, et rassurer, plus d'un vivisecteur ou éleveur d'animaux. Nous n'avons pas de temps à perdre en querelles avec des gens qui devraient avoir le même but : abolir l'exploitation animale. A.I.D.A. n'existe pas pour un quelconque plaisir intellectuel.

Les membres du Conseil d'Administration, Stéphane Hennion, Président, Éric Moreau, Secrétaire, Christophe Moreau, Trésorier, Sandra Gabbriellini, Siège Social.