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Journal : La Renarde

Journal étranger

Une nouvelle revue est née, traitant à la fois d'antispécisme et de féminisme. Non, vous ne rêvez pas. La Renarde l'a fait pour vous et avec style. Un extrait tiré de l'introduction pour vous mettre l'eau à la bouche :

La Renarde n'a pas un combat, elle a tous les combats. Mais parce qu'elle n'a qu'une seule vie, elle est obligée de sérier. Par conséquent, deux retiennent sa priorité : la libération des Animaux non humains, et la libération des Femmes humaines. La Renarde, parce qu'elle est à la fois femme et animale, sait de quoi elle parle, de quoi parler, elle peut dire les souffrances, les problèmes qui se posent : tout cela, elle l'a expérimenté dans sa chair propre.

Même si la Renarde a eu la chance de naître dans un pays en paix, il n'en demeure pas moins que l'état de guerre est permanent. Il s'agit d'une guerre larvée mais bien réelle. La guerre est officieusement déclarée, contre les un-e-s et contre les autres. La Renarde déclare à ses adversaires (les adversaires des animaux et des femmes sont les adversaires de la Renarde) être prête à se battre, avec ses propres armes. Elle fait voeu de lutter avec des mots mais aussi avec des actes. Elle fait voeu de ne pas verser littéralement le sang, mais s'octroie le droit de commettre des meurtres métaphoriques. Elle ne rechignera pas non plus devant la perspective de saccager du matériel, bien au contraire : La Renarde sait que saper les fondements matériels de la Saloperie est le meilleur moyen de l'anéantir. Enfin il est possible qu'un jour la Renarde se fasse Kamikaze, car elle en a l'absolue désespérance.

La Renarde, journal étranger compte une trentaine de pages et traite à la fois un sujet antispé et un sujet féministe, d'importance alternée. Une grande place est donnée à la philosophie et la littérature.

Dans le premier numéro, on trouve un texte de réflexion sur la civilisation, seul moyen pour l'humanité de sortir de la barbarie. La civilisation est définie par une loi : « La liberté de chacun finit là où commence celle d'autrui » en opposition avec la nature foncièrement amorale. La nature étant définie par « le cadre au sein duquel vivent les individu-e-s, cadre nécessaire à leur vie biologique, mais contingent à leur vie sociale » (les animaux ne sont pas la nature). Le complexe de Galatée est au coeur de la réflexion du deuxième texte. C'est un texte sur l'adhésion, d'ordre psychologique, de la plupart des femmes à la culture masculine, contre leurs propres intérêts. Le texte est illustré par l'analyse d'une nouvelle de Tchekhov.

La Renarde a cessé de paraître en 2005.

Sébastien Arsac