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Cahiers antispécistes n°13 - décembre 1995

Éditorial

Enfin, ce numéro des Cahiers antispécistes arrive avec la nouvelle année ! Ceci après un long sommeil, qui est notamment dû au départ de David Olivier en Italie (c'est ce qui explique le changement d'adresse et de directeur de publication de la revue), ce qui rend le travail collectif beaucoup plus difficile... mais aussi à notre engagement redoublé également dans d'autres luttes...

Un sommeil d'un semestre, c'est aussi ce à quoi ont été confrontés plusieurs autres groupes antispécistes, très actifs en début d'année 95, mais qui se sont un peu endormis par la suite. Heureusement, il semblerait que l'activité reprenne avec la rentrée, par exemple avec la récente Fédération antispéciste qui se met en place (voir page 23), ou bien avec plusieurs initiatives locales (en pages 13 à 18).

Ceci dit, nous ne parvenons toujours guère à faire passer nos idées dans les médias grand public, si l'on excepte la récente participation d'antispécistes à une émission de TF1 (voir page 13). Et nous touchons surtout des sympathisants des milieux militants (libertaires, antifascistes, écologistes...) : c'est pourquoi on en parlera tant ici, qu'ils soient antispécistes (pages 13 à 18, ou bien encore page 39), ou au contraire, opposants à la libération animale (page 40).

Ce numéro est d'une certaine façon consacré au problème de la viande : qu'il s'agisse des réflexions de Magali Cecchet sur sa place centrale dans notre cuisine (page 5), du compte rendu que fait Estiva Reus du nouveau Que Sais-je ? consacré à « l'animal dans l'alimentation » (en page 7), ou bien encore des analyses critiques que je présente de l'évolution récente de sa consommation (en page 25).

La viande est bien évidemment le problème pratique crucial et le plus urgent auquel s'attaque la libération animale, du fait du nombre des victimes et de la souffrance qu'elle implique. Cela pose le problème des rapports que doivent entretenir une pratique quotidienne engagée mais individuelle et un engagement politique public : pour ouvrir le débat, nous présentons un texte (en page 19) de Isabelle James. Cette question est aussi abordée, dans une autre perspective, dans une brochure de Philippe Moulhérac (voir page 14).

Comme ce dernier, les Cahiers antispécistes ne pensent pas que la cohérence de nos idées et de nos pratiques, si elle a bien sûr son importance, doive être le premier de nos soucis : nous ne devons pas oublier que le but du mouvement antispéciste est l'abolition de la société spéciste, et non simplement l'abolition de telle ou telle pratique, indépendamment de buts politiques globaux. Dans cette optique, s'il est clair que, moins nous participons individuellement au carnage, mieux c'est, il reste que nous devons sans cesse nous méfier de la réduction qui tend toujours à s'opérer de l'antispécisme au végétalisme/végétarisme, et d'une lutte politique à un problème personnel. C'est là le sens de la critique qui est faite au fil des pages aux mouvements de libération animale tant allemand qu'anglo-saxons ou belge, ainsi qu'à quelques groupes français.

Enfin, nous présentons en page 11 le tract que les Cahiers ont distribué à l'occasion de la reprise des essais nucléaires pour rappeler que ce sont bel et bien les poissons les premiers concernés : les antispécistes peuvent ainsi souvent intervenir dans des débats d'actualité en soutenant leur propre point de vue, et ont, pensons-nous, tout intérêt à le faire aussi souvent que possible.

Voilà, rapidement. Bonne lecture...